Le blog

D’une planète …

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A l’autre.

C’est toujours un peu compliqué je trouve de jongler avec plusieurs univers. Déjà, quand je suis en mode patines, fabrication d’émail et test, j’ai parfois du mal en commencer une nouvelle sculpture. Mon esprit est accaparé alors par un des aspects du travail et cohabite assez mal avec un côté girouette permettant de passer sans sourciller du coq à l’âne.

Cette fois ci, pour le coup, je passe vraiment des coqs..aux sculptures. Encore que les coqs soient aussi des sculptures. Mais deux étoiles après le soleil.

Malgré tout, je n’ai jamais eu l’intention d’abandonner une partie de mes univers. Par contre il est fort possible qu’au gré du travail, des commandes, de l’inspiration…et bien que l’un prenne parfois toute la place, momentanément.

Ma nouvelle demoiselle n’a pas encore de nom, et malgré plusieurs photos je n’ai pas mieux que celle ci :

 

Compliqué de se rendre compte, ce que je peux dire c’est que le travail de l’émail lui donnera tout son sens. Ca et un petit quelque chose en plus si je peux.

Elle sera je pense déjà plus « lisible » une fois complètement sèche, les contours et les détails apparaitront plus clairement.

Je crois bien que c’est la première sculpture où je traite l’horizontalité…quelque chose en moi me pousse à étirer toujours plus haut mes sculptures. C’est très curieux de changer cela. Les repères disparaissent, l’esprit doit imaginer autrement..

Bon il n’empêche, en fait, que celle ci aura bien une verticalité une fois terminée.

Autant j’aime les lignes d’horizon dans les paysages, autant pour la sculpture..j’ai l’urgence de la hauteur.

Il est temps

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Même si je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir eu une coupure cet été, et si d’une certaine faon pour moi l’année se termine et commence le jour de noël, c’est la rentrée.

Le temps de tailler ses crayons, d’aligner soigneusement la liste des objectifs. Ceux que l’on souhaiterait atteindre, ceux que l’on rêve de pouvoir rendre possible, ceux que l’on doit impérativement remplir…et tous les autres, que l’on ignore encore avoir.

Et dans le même temps, il existe une continuité, même lorsque beaucoup de choses changent, un fil continue d’exister je pense. Parfois sa couleur change, elle se mire de couleurs et de chatoiements délicats, parfois c’est l’épaisseur de ce fil qui évolue, il s’affine, ou bien au contraire s’étoffe de nouveaux brins.

Sur la corde de mon demain j’ai ajouté des brins, des couleurs, d’autres manières de torsader les envies, de tresser les rêves. Et pour le moment je ne sais dire si mon cordage sera solide, résistant aux marées, aux orages, aux tensions. Je peux juste observer ces brins, si fins pris un par un, si fragiles. Et puis admirer la magie du nombre. A plusieurs, ils s’aident, se renforcent, se soutiennent.

Il est temps.

De poursuivre. Tout simplement.

So many moods

Punkette

Avant l’été, j’avais parlé d’un projet, une idée complètement différente de mon travail habituel.

Partie d’un fou rire et de petits noms, c’est devenu un projet, un concept à part entière qui si l’avenir sourit pourrait se décliner sous plusieurs formes. En gros j’ai des idées plein la tête.

« L’artiste n’est artiste qu’à la condition d’être double et de n’ignorer aucun phénomène de sa double nature. »
Charles Beaudelaire.

J’ai toujours considéré que s’enfermer dans des cases bien rangées aux murs bien dessinés était sclérosant au possible. J’aime explorer des directions différentes et les chemins de traverse seront toujours pour moi synonymes d’aventures.

J’ai crée une marque : so many moods sous laquelle je vends une collection de sculptures « déco » pour la maison et l’extérieur. Vous pouvez retrouver so many moods sur facebook n’hésitez pas à cliquer pour me soutenir et faire découvrir l’univers !

Petit à petit j’ajouterai les boutiques où l’on pourra trouver mes poules et mes coqs.

Cela ne change évidemment rien à mon travail habituel, c’est simplement une autre facette de ma terre.

Sinon Argilla l’expo ? Beaucoup de soleil, des rires, les litres d’eau, des visiteurs souriants et chaleureux (70.000 personnes en deux jours…) vivement la prochaine !

 Et pour changer j’ai zappé les photos du stand…que voulez vous trop de travail j’ai oublié :)

Et youpla boum.

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Ou pas.

Officiellement, je suis vivante. Et assidue au travail.

Officieusement et après procrastination (nan mais là le site plante sans arrêt je ne peux pas travailler), doutes (et si en fait c’était moche ma nouvelle idée ? Qu’elle n’amusait que moi ?), calimerotage en règle (pfff de toute facon personne ne m’aimeuhhhh), re doutes hautement existenciels (les cheveux rouge ou pas ? dilemme..), quelques moments de détente (vive le mojito), de la rationalisation tordue (là je regardes une série mais intererieurement mon moi profond est en pleine conscience créative), j’ai du me rendre à l’évidence :

Comme toujours certaines choses faites au dernier moment ne seront pas :

- faites à temps (sans rire ?)

- faites exactement comme je voudrais que ce soit fait (la faute à qui on se demande…)

Ahem. Je développe ? Non hein.

Bon, en même temps si je suis honnête, j’ai vraiment travaillé dur et j’ai comme qui dirait un petit relachement sur la fin ;)

 

Tout ca pour dire que je serai sur le cours Foch, à Aubagne les 20 et 21 Août 2011 pour participer à ARGILLA 2011.

 

Deux jours pendant lesquels le village devient piéton, pris d’assaut par tous les artistes et artisans de la terre, potiers, ceramistes, sculpteurs, créateurs divers et variés, bijoux etc..

Il y a du soleil, des cigales, des fous rires, et plus encore.

Et si vous ne me croyez pas viendez voir vous même :)

Vestiges

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Parfois je pars sur une inspiration précise. Voire très précise. Et curieusement, c’est souvent dans ce cas là que la terre m’attire ailleurs. A croire que mon idée de départ était au final peu stimulante, puisqu’arrive un moment où j’arrête de travailler, je redresse le dos (aie) et j’observe ce qu’il est advenu de ma terre.

Celle ci au départ était un visage de femme agée. Une pomme reinette toute ridée :) Et puis…de déchirement en arrachage..il n’est resté que ce fragment, vestige qui me sourit.

 

Un peu plus loin

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Plus ça va, plus le creux joue une part importante dans mon travail, il y a de moins en moins de matière, je résiste encore pour ne pas tout enlever par moment, mais pour que le creux prenne sens il faut du plein.

Pour une fois, la première fois même, j’ai réussi à obtenir l’effet exact que je souhaitais avec l’émail. Je commence un peu à comprendre ce drôle d’élément qu’est l’émail. Une même recette, aposée sur la même terre et cuit à la même température donnera quasi toujours un résultat différent.

Souvent c’est frustrant, quelque fois c’est absolument jouissif quand le résultat me surprend au delà de ce que j’aurai pu imaginer..et puis la frustration revient quand reproduire l’effet tient de la gageure.

En fait, je crois que c’est l’élement inconnu, incontrôlable, précisement que j’aime. Il y a une part de kamikaze dans ce processus, un élément de désordre, d’imprévisible, de cataclysme toujours possible. Comme dans la vie somme toute.

Tout n’est pas toujours facile et la peur nous accompagne souvent, mais au final ce melting pot invraisemblable est aussi ce qui lui donne ses couleurs et son prix.

Pour une fois, l’été ne rimera pas avec amitié et odeur de monoï, d’autres priorités ne le permettent pas.

Et je sais que je risque d’être présente de façon plus qu’aléatoire. Je travaille sur un projet différent, toujours autour de la terre évidemment, mais à une ou deux planètes de mon travail habituel.

Bien que la légende de l’artiste maudit et torturé ait encore la vie belle, j’aime rire et j’ai plus souvent qu’a mon compte des idées loufoques. J’avais envie de pouvoir laisser libre cours aussi à cette partie là. Du coup un projet est en train de naitre. Et j’en reparlerai surement à la rentrée ou un peu avant.

Entre temps, mes dames coexistent avec ce projet, parfois l’un prend le pas sur l’autre..et réciproquement.

Et puis…une collaboration de rêve s’est amorcée un peu par hasard, et une partie de moi à très envie de poursuivre ce rêve là, un peu plus loin…

A ce titre, cette dame n’a pas encore terminé son voyage..

Mais pour la suite de ce fameux voyage, je redeviens simple spectatrice..en attente. De rêves.

Le temps d’un rêve

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Comment commencer ?

Le 11 mars un tremblement de terre puis un tsunami dévastaient le Japon. Et nous, observateurs lointains, tentions de digérer les images toujours plus interactives d’un drame géographiquement éloigné. A cela, est venu s’ajouter le nucléaire. Diable impalpable, mais bien réel. Après la 2eme guerre, puis Tchernobyl, une fois de plus le spectre de l’atome à fait trembler le monde.

Et puis très vite, une nouvelle chassant l’autre et notre monde n’étant pas avare de catastrophes, le Japon et ses habitants ont peu à peu reflué des news. A ceci près, que beaucoup de personnes spontanément ont souhaité agir. Et comme souvent, internet à permis l’émergence de volontés. Une association nommée Kibô est née.

De mon côté l’idée de créer quelque chose, de participer d’une manière ou d’une autre était présente. Et finalement c’est grâce au site de Florence Gravot, Artiste Créatrice de luminaires et d’objets poétiques que l’envie à pu se concrétiser.

Parce qu’elle à relayé l’info, qu’elle connait les personnes initiatrices du projet, et parce que c’était le moment je crois…j’ai crée une sculpture pour la vente aux enchères mise en place sur le site Kibô pour récolter des fonds.

Et puis..depuis longtemps maintenant je suis le travail de Florence, j’adore la poésie et la douceur qui se dégage de ses créations, le métal et les papiers tissés de rêves et de transparence n’ont plus de secret pour elle. Elle crée aussi des lumières toutes en délicatesse, alors j’ai eu envie de lui demander pour cette occasion très spéciale de mêler nos deux univers.

Une fois la sculpture, cuite, puis émaillée, je la lui ai confiée:

Parfaitement sereine. Et j’ai attendu, comme une gamine le matin de noël, de découvrir la suite…

C’est la première fois que je tente une telle aventure, deux arts différents, qui viennent s’entremêler, deux univers qui se rejoignent le temps d’un rêve.

Hier soir, Florence m’a envoyé les photos du résultat final…et comme lorsque j’émaille une sculpture, j’ai ré-apprivoisé ma bestiole :) Et surtout, j’ai découvert bien plus qu’il n’existait au départ.

 

Je crois que Renaissance est un nom parfait..si Florence est d’accord je crois qu’elle à trouvé son nom..

Au delà de l’idée de faire quelque chose..d’agir, je suis très heureuse d’avoir osé demander à Florence de partager cette aventure, et j’adore le résultat :) Merci Florence !

Tous les fonds récoltés pendant cette vente aux enchères seront reversés à « Second Hand » une ONG Japonaise.

 

 

Doutes…

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…En Ré majeur.

La courbe du temps étant capricieuse, il arrive parfois que certaines sculptures restent un peu oubliées, prises de vitesse par les suivantes.

Celle-ci en est le parfait exemple. D’autant qu’elle  marque un peu la fin d’une période, celle de la terre noire, du lisse. Rien ne dit bien sur que je ne ferai pas quelques incursions en terrains connus ici et là, mais à priori, elle porte bien son nom : Doutes en ré majeur.

Elle est mon « entre deux » celle qui relie hier et demain.

 

Déshabillé de mot

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Elle est belle notre langue. Riche de sons, de variations, d’intensité dramatique et de fleurettes pour incurables romantiques. Pourtant, un mot parmi d’autres me fait tiquer. Plisser le nez de dépit.

Merci.

Deux syllabes seulement. Court, concis. Parfait non ?

Et bien non justement. Quand le regard et la voix n’accompagnent pas la musique des sons, il est difficile de suggérer des nuances. Trop subtil. L’écrit à besoin d’envolées longues ou courtes mais d’envolées. Or merci est un mot qui court au ras de l’herbe. Il remplit son office, mais pas plus.

Au point que l’écrire dans une réponse, me pèse parfois. Dire un merci basique revient pour moi à offrir des fleurs à quelqu’un par flemme absolue de chercher le petit plus…différent, interpellant..appartenant déjà à l’autre. La facilité par A + B.

Alors qu’il existe tant de mercis..

Celui coquelicot, si fragile qu’un simple effleurement lui ferai pleurer ses pétales, celui tout poli d’embruns qui réchauffe la peau et l’âme, qui chatouille aussi, grain d’amitié salé. Celle, oui il existe des merci dames…celle qui tire un peu sur les bords, qui titille là où merci, mais non merci..l’on ne souhaite pas s’entendre penser. Merci bleuté pour nuits de chine, insomnie du merci qui nous fait hanter les mots d’un autre, merci ironique qui détache le faux sparadrap collé, contre mon gré, sur mes lignes, merci étonné, la bouche en forme d’haut, qui ravit, surprend, embelli..

Merci dubitatif, du bout des lettres, celui là reste un merci à convaincre. Merci révolutionnaire, drapeau rouge et béret vert hissés bien droits claquant aux si. Il y a les mercis rebelles, qui se défendent d’être eux. Ceux presque là par hasard, timides, jaillis trop fort pour que l’entre-ligne les maintienne dans l’ombre, sages.

Et puis le merci vide. Mocheté du langage. Hypocrisie de société. Celui que l’on tend sans même qu’il soit vraiment vu d’ailleurs, puisqu’il répond à une question dont personne ne veut de réponse. C’est le plus fatiguant..il est stérilement triste. Expurgé de toute vie, de tout sens.

Il en existe des silencieux, que l’on ne prononce qu’en pensée, mais si intensément..qu’on pourrait presque les sentir se poser, là..sur leur joue. Il y en a trop. Pour tous les dire.

Alors voilà, çà doit être pour cela, que je n’aime pas, écrire merci. Il me semble toujours nudiste mon merci.

Edit: Parce que recemment j’ai beaucoup dit merci, sans pour autant avoir eu le sentiment que cela suffise..

Métamorphose.

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« Au fond, c’est ça la solitude: s’envelopper dans le cocon de son âme, se faire chrysalide et attendre la métamorphose, car elle arrive toujours. »

August Strindberg


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